La banque a refusé votre prêt immobilier et la date limite de la condition suspensive approche. Si vous ne transmettez pas une attestation de refus au vendeur et au notaire avant l’expiration du délai, vous risquez de perdre votre acompte — souvent 5 à 10 % du prix du bien. Ce document est votre seule preuve que le refus est réel et que vous n’avez pas renoncé volontairement à l’achat.
Ce qu’il faut retenir
À quoi ça sert : prouver que le financement a été refusé pour activer la condition suspensive du compromis et récupérer votre acompte sans pénalité.
Qui la fournit : la banque (ou les banques) qui a refusé votre demande de prêt.
Combien en faut-il : ça dépend du compromis. Souvent 2 ou 3 refus sont exigés. Lisez la clause suspensive.
Délai : l’attestation doit être transmise au vendeur/notaire avant l’expiration de la condition suspensive (généralement 45 à 60 jours après la signature du compromis).
Pourquoi cette attestation est indispensable
Le compromis de vente contient une clause suspensive de financement : la vente n’est définitive que si vous obtenez votre prêt dans le délai prévu. Si vous ne l’obtenez pas, la clause joue en votre faveur et le compromis est annulé — à condition de prouver que le refus est réel.
Sans attestation, le vendeur peut considérer que vous avez renoncé à l’achat de votre propre initiative et conserver votre acompte. Le notaire ne restituera les fonds que si vous justifiez le refus par un document officiel de la banque.
Certains vendeurs contestent la bonne foi de l’acheteur en affirmant qu’il n’a pas réellement cherché de financement, ou qu’il a volontairement saboté son dossier pour se dégager. L’attestation coupe court à cette contestation.
Ce que doit contenir l’attestation
Pour être valable, l’attestation doit mentionner :
L’identité de la banque (nom, adresse, coordonnées) et l’identité de l’emprunteur.
Les caractéristiques du prêt refusé : montant demandé, durée, taux envisagé. Ces éléments doivent correspondre aux conditions prévues dans la clause suspensive du compromis. Si le compromis prévoit un prêt de 250 000 € sur 25 ans et que vous avez demandé 300 000 € sur 15 ans, la clause ne joue pas — le refus porte sur un prêt différent.
La date de la demande et la date du refus.
La mention explicite du refus. Une formulation du type « nous ne sommes pas en mesure de donner suite favorablement à votre demande de prêt » suffit.
La banque n’est pas obligée de motiver son refus sur l’attestation. Mais si elle le fait (taux d’endettement, instabilité professionnelle, apport insuffisant), c’est un élément de plus qui prouve la réalité de la démarche.
Comment l’obtenir
Demandez-la dès le refus. N’attendez pas l’approche de la date limite. Adressez un courrier (recommandé AR ou e-mail avec accusé) à la banque en demandant une attestation de refus mentionnant les caractéristiques du prêt refusé. La plupart des banques fournissent le document sous quelques jours.
Si la banque traîne. Relancez par écrit en rappelant l’urgence liée au délai du compromis. Si elle ne répond toujours pas, une mise en demeure par recommandé AR peut accélérer les choses. La banque ne peut pas légalement refuser de vous délivrer une attestation de refus dès lors qu’elle a effectivement rejeté votre demande.
Si la banque refuse de fournir l’attestation. Situation rare mais qui existe. Un avocat peut intervenir pour contraindre la banque. En parallèle, conservez toutes les preuves de votre démarche (e-mails de demande de prêt, courriers, accusés de réception) pour démontrer votre bonne foi au vendeur et au notaire.
Combien d’attestations faut-il ?
Relisez votre compromis de vente. La clause suspensive précise en général les conditions du financement recherché (montant, durée, taux maximum) et parfois le nombre de banques à solliciter.
Si le compromis n’impose pas de nombre minimum, un seul refus suffit juridiquement. Mais pour sécuriser votre position et éviter que le vendeur conteste votre bonne foi, sollicitez au moins 2 ou 3 banques et obtenez une attestation de chacune. Plus vous avez de refus documentés, plus votre dossier est solide.
Refus après un accord de principe
Un accord de principe n’engage pas la banque. C’est un avis favorable préliminaire, pas une offre de prêt. La banque peut revenir sur cet accord après analyse approfondie du dossier (pièces justificatives manquantes, situation qui a changé, assurance emprunteur refusée).
Si le refus intervient après un accord de principe, vous avez quand même droit à l’attestation de refus. Le fait qu’un accord de principe ait été donné ne vous empêche pas de bénéficier de la condition suspensive. En revanche, si le vendeur estime que vous avez tardé à fournir les pièces ou que vous avez volontairement laissé le dossier s’enliser, il peut contester votre bonne foi — d’où l’importance de documenter chaque étape.
Le vendeur conteste et refuse de rendre l’acompte
C’est le cas de figure le plus conflictuel. Le vendeur considère que vous n’avez pas fait les démarches nécessaires, ou que le refus est de votre fait (demande de prêt volontairement sous-dimensionnée, dossier incomplet, absence de démarches réelles).
Votre protection : la condition suspensive joue de plein droit si le prêt est refusé dans les conditions prévues au compromis. Le vendeur ne peut pas retenir l’acompte s’il reçoit une attestation conforme aux conditions de la clause. En cas de contestation, c’est au vendeur de prouver votre mauvaise foi, pas à vous de prouver votre bonne foi.
Si le vendeur refuse malgré tout : le notaire peut bloquer la restitution de l’acompte en attendant un accord ou une décision de justice. Adressez une mise en demeure au vendeur par recommandé, puis saisissez le tribunal judiciaire si nécessaire. Le juge ordonnera la restitution si la condition suspensive a été correctement activée.
Questions fréquentes
La banque peut-elle refuser de me fournir une attestation de refus ?
Non. Dès lors qu’elle a rejeté votre demande de prêt, elle est tenue de vous le confirmer par écrit si vous le demandez. En cas de résistance, un courrier de mise en demeure suffit généralement. Si la banque persiste, un avocat peut intervenir.
Le compromis prévoit un prêt à 3,5 % maximum. La banque me propose 4,2 %. Est-ce un refus ?
Non, ce n’est pas un refus : la banque vous accorde le prêt, simplement à un taux supérieur. Vous ne pouvez pas activer la condition suspensive dans ce cas, sauf si le compromis prévoit un taux maximum et que l’offre dépasse ce taux. Relisez la clause : si elle mentionne « prêt au taux maximum de 3,5 % », une offre à 4,2 % équivaut à un refus aux conditions prévues.
J’ai dépassé le délai de la condition suspensive sans envoyer l’attestation. Que faire ?
La situation est délicate. Si le délai est expiré, le vendeur peut considérer que la condition suspensive est réalisée (le prêt est réputé obtenu) et exiger la vente ou conserver l’acompte. Mais vous pouvez démontrer que le refus est antérieur à l’expiration du délai et que vous avez agi de bonne foi. Le juge appréciera au cas par cas. Agissez rapidement et faites-vous assister.
Présenter une fausse attestation de refus : quels risques ?
C’est un faux et usage de faux : 3 ans de prison et 45 000 € d’amende. Le notaire et le vendeur peuvent vérifier l’authenticité en contactant la banque. En plus des sanctions pénales, vous perdez l’acompte et devez indemniser le vendeur. Ne le faites jamais.
Prêt refusé et le vendeur conteste la condition suspensive ?
Le cabinet vous assiste pour obtenir l’attestation, activer la clause suspensive et récupérer votre acompte.
→ Litige crédit immobilier
→ Refus de crédit après accord de principe — recours
→ Litiges de crédit bancaire
Prêt refusé et acompte menacé ?
Exposez votre situation pour vérifier que la clause suspensive joue en votre faveur.
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Inscrit au Barreau de Paris depuis 2003, Maître Pierre accompagne ses clients en droit bancaire et financier
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