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Saisie sur salaire : barème, contestation et recours

Votre employeur vous informe qu’une partie de votre salaire sera prélevée chaque mois pour rembourser un créancier. Ou vous le découvrez directement sur votre bulletin de paie : une ligne « saisie sur rémunération » ampute votre net à payer. Vous n’avez pas été prévenu, ou le montant vous semble trop élevé, ou la dette est ancienne et vous pensiez qu’elle était prescrite.

La saisie sur salaire est encadrée par des règles strictes. La loi limite la quotité saisissable pour vous garantir un minimum vital. Et si la procédure est irrégulière ou la dette contestable, vous pouvez agir.

Ce qu’il faut retenir

Quotité saisissable : un barème progressif limite la part du salaire qui peut être saisie. Plus vos revenus sont bas, plus la part protégée est grande. Chaque personne à charge augmente la fraction insaisissable.

Minimum vital : dans tous les cas, un montant égal au RSA (environ 635 €) doit rester disponible.

Titre exécutoire obligatoire : pas de saisie sans jugement, ordonnance ou titre administratif. Sans titre valide, la saisie est illégale.

Contestation : devant le juge de l’exécution (saisie judiciaire) ou auprès du comptable public (saisie administrative). Délai : 1 mois à compter de la notification.

Le barème de la quotité saisissable

La loi ne permet pas de saisir l’intégralité de votre salaire. Un barème progressif (révisé chaque année) fixe la fraction saisissable par tranche de rémunération nette annuelle. Le principe : plus vous gagnez peu, moins on peut vous prendre.

Le barème fonctionne par tranches cumulatives (comme l’impôt sur le revenu). Pour un salarié sans personne à charge gagnant 1 800 € net/mois, la quotité saisissable est d’environ 450 à 500 €. Avec deux personnes à charge, elle descend à environ 300-350 €.

Minimum absolu : quel que soit le calcul, il doit toujours vous rester au moins l’équivalent du RSA pour une personne seule (environ 635 € en 2025). Ce plancher est insaisissable.

Exception : la pension alimentaire. La saisie pour pension alimentaire impayée n’est pas soumise au barème progressif. Elle peut porter sur la totalité du salaire au-delà du minimum vital. C’est la seule créance qui échappe au barème.

Si le montant prélevé sur votre bulletin de paie dépasse la quotité autorisée, c’est une erreur — signalez-le immédiatement à votre employeur et au juge de l’exécution.

Les sommes totalement insaisissables

Certains revenus ne peuvent jamais être saisis, même partiellement : le RSA, les allocations familiales, l’allocation de rentrée scolaire, l’AAH (allocation aux adultes handicapés), la prime d’activité, les indemnités de frais professionnels remboursées par l’employeur.

Si ces sommes sont incluses dans le calcul de la saisie ou prélevées par erreur, vous devez le signaler avec justificatifs (relevé CAF, attestation employeur pour les frais pro). Votre employeur doit les exclure du calcul.

Les motifs de contestation

Titre exécutoire absent ou invalide. Pas de jugement, ordonnance expirée, titre non signifié dans les règles — sans titre valide, la saisie est illégale et doit être annulée.

Créance prescrite. Si la dette est un crédit à la consommation, la prescription est de 2 ans. Pour les autres créances civiles, 5 ans. Pour un titre exécutoire (jugement), 10 ans. Vérifiez les dates — si le délai est écoulé sans acte interruptif, la créance est éteinte.

Créance déjà payée. Vous avez remboursé mais le créancier n’a pas levé la saisie. Fournissez les preuves de paiement au juge.

Erreur sur le montant. Le montant saisi dépasse la quotité autorisée, ou le calcul ne tient pas compte de vos personnes à charge. Fréquent quand l’employeur applique mal le barème.

Vice de procédure. Défaut de notification préalable, non-respect du processus de conciliation obligatoire (la saisie sur rémunération impose en principe une tentative de conciliation devant le juge avant la mise en œuvre), erreur sur l’identité du débiteur.

Situation de surendettement. Si votre dossier de surendettement a été déclaré recevable par la commission de la Banque de France, les saisies sont automatiquement suspendues.

Comment contester : la procédure

Saisie judiciaire (créancier privé, banque) : saisissez le juge de l’exécution du tribunal judiciaire dont dépend votre domicile. Vous pouvez le faire seul (pas d’obligation d’avocat devant le JEX), mais l’assistance d’un avocat augmente significativement les chances de succès. Délai : agissez dans le mois suivant la notification.

Saisie administrative (impôts, amendes) : adressez une réclamation au comptable public par recommandé AR. L’administration a 2 mois pour répondre. Sans réponse ou réponse défavorable : tribunal administratif dans les 2 mois.

Demander la suspension en urgence : si la saisie vous met en péril (impossibilité de payer le loyer, les charges incompressibles), demandez au juge de l’exécution la suspension provisoire de la saisie. Il peut l’accorder si votre contestation est sérieuse et que le préjudice est grave.

Demander des délais de paiement : même si la saisie est fondée, le juge peut vous accorder un échelonnement de la dette (jusqu’à 24 mois, article 1343-5 du Code civil) et adapter le montant de la saisie à votre situation réelle.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il refuser d’appliquer la saisie ?

Non. Dès réception de l’acte de saisie, votre employeur est tenu de l’appliquer. S’il ne le fait pas, il peut être condamné à payer les sommes à la place du salarié. En revanche, c’est à lui de calculer correctement la quotité saisissable — s’il se trompe, signalez l’erreur.

Combien me reste-t-il si je gagne le SMIC ?

Avec un salaire net au SMIC (~1 400 €), la quotité saisissable est d’environ 250 à 300 € par mois (sans personne à charge). Il vous reste environ 1 100 €. Avec des personnes à charge, la part saisissable diminue. Et dans tous les cas, il doit vous rester au moins ~635 € (montant du RSA).

J’ai plusieurs créanciers. Peuvent-ils tous saisir mon salaire en même temps ?

Oui, mais la quotité saisissable totale reste la même. Plusieurs saisies ne se cumulent pas au-delà du barème. Le juge (ou le répartiteur national depuis juillet 2025) répartit la quotité entre les différents créanciers, avec une priorité pour les pensions alimentaires.

La saisie continue-t-elle si je change d’employeur ?

En principe, le créancier doit notifier la saisie au nouvel employeur. Si vous changez d’emploi et que le créancier ne refait pas la démarche, la saisie s’interrompt chez l’ancien employeur et ne reprend que si elle est notifiée au nouveau. Vous n’avez pas l’obligation de signaler la saisie à votre nouvel employeur.

Je suis en surendettement. La saisie peut-elle continuer ?

Si votre dossier de surendettement a été déclaré recevable par la commission de la Banque de France, les saisies sont automatiquement suspendues. Signalez la recevabilité à votre employeur et au juge de l’exécution avec le justificatif de la commission. Si la saisie continue malgré la recevabilité, c’est une irrégularité.

Saisie sur salaire abusive ou disproportionnée ?

Le cabinet vérifie la régularité du titre, le respect du barème et conteste la saisie devant le juge de l’exécution.
Défense face au recouvrement bancaire
Créance bancaire prescrite — contestation
Surendettement — accompagnement et recours

Saisie sur votre salaire et vous voulez la contester ?

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