Vous avez reçu une assignation en paiement de Crédit Logement devant le tribunal judiciaire. C’est une situation que je traite très régulièrement. Crédit Logement est l’organisme de cautionnement des prêts immobiliers le plus répandu en France : il garantit plus de 30 % des crédits immobiliers. Quand l’emprunteur cesse de payer, la banque appelle Crédit Logement en garantie, celui-ci rembourse la banque, puis se retourne contre l’emprunteur pour récupérer les sommes versées. L’assignation en paiement est l’aboutissement de ce processus.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des moyens de défense sérieux. Le montant réclamé par Crédit Logement n’est pas toujours justifié dans son intégralité. La banque qui a accordé le prêt a pu manquer à ses obligations, et ces manquements sont dans certains cas opposables à Crédit Logement. Voici le cadre juridique et les stratégies de défense.
Dans cet article
- Caution Crédit Logement ou hypothèque
- Le mécanisme : de la défaillance à l’assignation
- Recours personnel ou subrogatoire : une distinction déterminante
- Les moyens de défense contre Crédit Logement
- La prescription de l’action de Crédit Logement
- La mise en cause de la banque
- Exemple chiffré
- Questions fréquentes
La prescription de l’action de Crédit Logement est-elle de deux ou cinq ans ?
Deux ans dans la plupart des cas. La Cour de cassation a jugé que le cautionnement d’un établissement de crédit garantissant un prêt immobilier est un service financier fourni au consommateur : l’action de Crédit Logement relève de la prescription biennale de l’article L. 218-2 du Code de la consommation (Cass. 1re civ., 17 mars 2016, n° 15-12.494). Le point de départ est la date du paiement de Crédit Logement à la banque. Vérifier les dates est le premier réflexe de défense.
Crédit Logement a payé la banque sans m’avertir : quelles conséquences ?
Si Crédit Logement a réglé la banque avant que vous n’ayez été effectivement averti, et que vous disposiez d’un moyen de contester la dette (irrégularité de la déchéance du terme, prescription), il peut perdre son recours en tout ou partie (article 2311 du Code civil ; Cass. 1re civ., 20 févr. 2019, n° 17-27.963). La date exacte du paiement et celle du retrait effectif du courrier d’information sont les pièces clés du dossier.
Peut-on obtenir un délai de paiement face à Crédit Logement ?
Oui. Le juge peut accorder un délai de grâce de deux ans maximum (article 1343-5 du Code civil). Pour un crédit immobilier, les sommes reportées peuvent porter intérêt à taux réduit (article L. 314-20 du Code de la consommation). En parallèle, le dépôt d’un dossier de surendettement peut suspendre les poursuites et les saisies en cours.
Caution Crédit Logement ou hypothèque : les différences qui comptent
Quand la banque accorde un prêt immobilier, elle exige une garantie. Deux options principales : l’hypothèque (une sûreté réelle inscrite sur le bien) ou le cautionnement de Crédit Logement (une sûreté personnelle, sans inscription au fichier immobilier). La caution Crédit Logement est moins chère à la souscription et n’entraîne aucun frais de mainlevée à la revente. Chaque emprunteur cautionné verse une participation à un Fonds mutuel de garantie (FMG) et une commission de caution. Si le prêt s’éteint sans incident, une fraction du FMG (de l’ordre de 75 %) est restituée. La commission reste acquise.
| Critère | Caution Crédit Logement | Hypothèque |
|---|---|---|
| Nature de la garantie | Sûreté personnelle (cautionnement) | Sûreté réelle sur le bien |
| Inscription au fichier immobilier | Aucune : le bien paraît libre | Inscrite et publiée |
| Intervention du notaire | Non | Oui |
| Frais de mainlevée à la revente | Aucun | À la charge de l’emprunteur |
| Restitution en fin de prêt | Oui, une partie du FMG | Non |
| Sûreté réelle sur le logement | Aucune tant que l’emprunteur paie | Immédiate, dès l’origine du prêt |
| En cas de défaut de paiement | Crédit Logement paie la banque, poursuit l’emprunteur, peut obtenir une hypothèque judiciaire | La banque saisit directement le bien grevé |
L’absence d’hypothèque initiale ne protège pas l’emprunteur en cas de défaut. Après avoir obtenu un jugement de condamnation, Crédit Logement peut inscrire une hypothèque judiciaire sur le bien et engager une saisie immobilière. La plupart des contrats de prêt contiennent d’ailleurs une promesse d’affectation hypothécaire : l’emprunteur s’engage à consentir une hypothèque à première demande de Crédit Logement. « Pas d’hypothèque » signifie en réalité « pas d’hypothèque tant que vous payez ».
Le mécanisme : de la défaillance à l’assignation
Crédit Logement est une société anonyme dont les actionnaires sont les principales banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, LCL, Crédit Mutuel, etc.). Son activité consiste à cautionner les prêts immobiliers accordés par ces banques. Quand vous souscrivez un prêt immobilier, la banque exige une garantie. Si elle ne prend pas d’hypothèque, elle demande le cautionnement de Crédit Logement.
Le processus qui mène à l’assignation suit une chronologie précise.
Vous cessez de payer vos échéances. La banque vous met en demeure de régulariser, puis prononce la déchéance du terme : le prêt devient immédiatement exigible en totalité.
La banque se retourne contre Crédit Logement en sa qualité de caution. Crédit Logement rembourse à la banque le solde du prêt, les échéances impayées, et les pénalités de retard. La banque délivre une quittance subrogative à Crédit Logement.
Crédit Logement vous adresse une mise en demeure de lui rembourser les sommes qu’il a versées à la banque à votre place, majorées des intérêts au taux légal.
En l’absence de paiement ou d’accord amiable, Crédit Logement vous assigne en paiement devant le tribunal judiciaire. C’est à ce stade que vous devez constituer avocat et préparer votre défense.
Recours personnel ou subrogatoire : une distinction déterminante
La caution qui a payé le créancier dispose de deux recours contre le débiteur principal, prévus aux articles 2308 et 2309 du Code civil (dans leur rédaction issue de l’ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021). Le choix du recours par Crédit Logement détermine les moyens de défense que l’emprunteur peut lui opposer.
Recours personnel (article 2308 du Code civil)
Crédit Logement agit en son nom propre. Il réclame le remboursement de ce qu’il a payé à la banque, majoré des intérêts à compter de la date de son paiement. Dans ce cadre, l’emprunteur ne peut en principe pas opposer à Crédit Logement les exceptions qu’il aurait pu faire valoir contre la banque (erreur de TAEG, défaut de FISE, etc.). C’est le recours que Crédit Logement utilise systématiquement dans ses assignations.
Recours subrogatoire (article 2309 du Code civil)
Crédit Logement est subrogé dans les droits de la banque. Il exerce les mêmes droits que la banque contre l’emprunteur. Dans ce cadre, l’emprunteur peut opposer à Crédit Logement toutes les exceptions qu’il aurait pu opposer à la banque (article 2313 du Code civil) : déchéance du droit aux intérêts, erreur de TAEG, défaut d’information précontractuelle, etc.
Crédit Logement choisit toujours le recours personnel
Dans la quasi-totalité des assignations que je reçois, Crédit Logement fonde son action sur le recours personnel de l’article 2308 du Code civil. Ce choix est stratégique : il vise à empêcher l’emprunteur d’opposer les manquements de la banque (défaut de FISE, erreur de TAEG, etc.). Mais la jurisprudence a ouvert des brèches dans cette stratégie, en admettant que certaines exceptions restent opposables à Crédit Logement même dans le cadre du recours personnel.
Les moyens de défense contre Crédit Logement
La disproportion de l’engagement : opposable à Crédit Logement
C’est le moyen de défense le plus efficace contre Crédit Logement. La Cour de cassation a jugé que la disproportion manifeste de l’engagement de l’emprunteur ou de la caution est opposable à Crédit Logement, y compris quand il exerce son recours personnel (Cass. 1re civ. 26 septembre 2018, n° 17-17.903, confirmant Cass. ch. mixte 27 février 2015, n° 13-13.709).
L’article 2300 du Code civil (anciennement article L. 332-1 du Code de la consommation) prévoit que le cautionnement souscrit par une personne physique est réductible s’il était, lors de sa conclusion, manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine de la caution. La Cour de cassation a étendu ce raisonnement à la situation de l’emprunteur face à Crédit Logement : si le prêt était disproportionné par rapport aux capacités financières de l’emprunteur au moment de la souscription, Crédit Logement ne peut pas en réclamer le remboursement intégral.
La vérification du montant réclamé
C’est un réflexe de base mais il est souvent négligé. Le montant réclamé par Crédit Logement dans l’assignation comprend le capital restant dû, les échéances impayées, les pénalités de retard, l’indemnité de déchéance du terme (souvent 7 % du capital restant dû), et les intérêts au taux légal depuis la date de paiement à la banque. Chaque poste doit être vérifié.
L’indemnité de déchéance du terme (la clause pénale de 7 %) peut être réduite par le juge s’il la considère manifestement excessive (article 1231-5 du Code civil). Les pénalités de retard doivent être calculées correctement. Les intérêts au taux légal courent à compter de la mise en demeure ou de l’assignation, pas à compter de la déchéance du terme prononcée par la banque. Ces vérifications peuvent réduire significativement le montant de la condamnation.
La déchéance du droit aux intérêts de la banque
Si la banque a manqué à ses obligations d’information précontractuelle (défaut de remise de la FISE, erreur de TAEG), elle encourt la déchéance de son droit aux intérêts. La question est de savoir si cette déchéance est opposable à Crédit Logement quand il exerce son recours personnel.
La réponse est nuancée. Dans le cadre du recours subrogatoire (article 2309), la déchéance des intérêts est pleinement opposable : Crédit Logement, subrogé dans les droits de la banque, ne peut pas réclamer plus que ce que la banque aurait pu réclamer elle-même. Dans le cadre du recours personnel (article 2308), Crédit Logement soutient que la déchéance ne lui est pas opposable. Mais l’emprunteur peut contourner cette difficulté en mettant en cause la banque dans la procédure et en obtenant sa condamnation à garantir Crédit Logement des conséquences de ses propres manquements.
Le bénéfice de subrogation (article 2314 du Code civil)
L’article 2314 du Code civil (ancien article 2037) prévoit que la caution est déchargée lorsque le créancier a, par son fait, rendu impossible la subrogation de la caution dans les droits, hypothèques et privilèges qu’il détenait. Si la banque a perdu une sûreté dont Crédit Logement aurait pu bénéficier par subrogation (par exemple en négligeant d’inscrire un privilège de prêteur de deniers, ou en ne déclarant pas sa créance à temps dans une procédure collective), Crédit Logement peut invoquer l’article 2314 contre la banque. Et l’emprunteur peut, dans certains cas, en tirer argument.
La contestation de la déchéance du terme
Crédit Logement ne peut réclamer que ce qu’il a payé à la banque. Si la déchéance du terme prononcée par la banque est irrégulière (mise en demeure non conforme, absence de préavis contractuel, sommes réclamées erronées), la totalité du prêt n’était pas exigible et Crédit Logement n’aurait pas dû payer la totalité à la banque. La contestation de la régularité de la déchéance du terme est un moyen de défense indirect mais efficace.
La jurisprudence récente renforce ce moyen. La Cour de cassation a jugé que la clause du contrat de prêt qui autorise la banque à exiger le remboursement immédiat de la totalité des sommes dues sans préavis d’une durée raisonnable doit être réputée non écrite comme abusive (Cass. 1re civ., 29 mai 2024, n° 23-12.904). Si la déchéance du terme repose sur une telle clause, elle est privée de fondement. Or c’est une clause que l’on retrouve dans beaucoup de contrats de prêt immobilier. La vérification de la lettre de déchéance, de sa date, du délai laissé à l’emprunteur pour régulariser, et de la clause du contrat qui la fonde, est un préalable dans chaque dossier.
Demander le dossier de crédit complet
Avant l’audience, demandez à Crédit Logement (via votre avocat) la communication du dossier de crédit complet : offre de prêt, FISE, tableau d’amortissement, décompte de créance de la banque, quittance subrogative, historique des paiements. L’analyse de ces pièces révèle souvent des erreurs de calcul, des mentions manquantes, ou l’absence de FISE. Sans ce dossier, il est impossible de vérifier le bien-fondé de la demande.
Le paiement sans avertissement de l’emprunteur (article 2311 du Code civil)
C’est un moyen de défense que je vérifie systématiquement. L’article 2311 du Code civil prévoit que la caution perd son recours si elle a payé sans avertir le débiteur, et que celui-ci disposait au moment du paiement de moyens de faire déclarer la dette éteinte ou de la contester.
En pratique, Crédit Logement adresse un courrier recommandé pour informer l’emprunteur de son intention de payer la banque. Si ce courrier n’a pas été effectivement retiré avant le paiement, l’emprunteur n’a pas été averti au sens du texte. La Cour de cassation l’a jugé dans un arrêt du 20 février 2019 (n° 17-27.963) : Crédit Logement avait réglé la banque le 28 octobre, alors que l’emprunteuse n’avait retiré le courrier que le 11 décembre. Non avertie, elle disposait d’un moyen tiré de l’irrégularité de la déchéance du terme. Crédit Logement a perdu son recours. La sanction peut être totale ou partielle, selon que l’emprunteur pouvait faire déclarer la dette éteinte ou seulement en réduire le montant (Cass. 1re civ., 9 sept. 2020, n° 19-14.568).
Depuis la réforme du 15 septembre 2021, la règle est plus sévère pour Crédit Logement : l’ancien texte n’ouvrait la sanction que si la caution avait payé sans être poursuivie. L’article 2311 nouveau supprime cette condition. Concrètement, demandez toujours la date exacte du paiement de Crédit Logement à la banque et la date du retrait effectif du courrier d’information. C’est dans ce décalage, parfois de quelques jours, que se joue le dossier.
Le délai de grâce et le surendettement
Même quand la dette est établie, l’emprunteur peut demander au juge un délai de grâce pour reporter ou échelonner le paiement sur deux ans au maximum (article 1343-5 du Code civil). Pour un crédit immobilier consenti à un consommateur, l’article L. 314-20 du Code de la consommation est plus protecteur : les sommes reportées peuvent porter intérêt à taux réduit, voire voir leurs intérêts suspendus pendant le délai. C’est un levier sous-utilisé.
En parallèle, le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France peut suspendre les poursuites de Crédit Logement. La décision de recevabilité emporte suspension des saisies en cours. Le timing est important : un dossier déposé avant le jugement d’orientation en saisie immobilière conserve tout son effet protecteur.
La prescription de l’action de Crédit Logement
La prescription est le premier point à vérifier. Beaucoup d’emprunteurs raisonnent sur la base du délai de cinq ans de l’article 2224 du Code civil. Mais pour l’action de Crédit Logement contre un emprunteur consommateur, le délai applicable est en principe de deux ans.
La Cour de cassation a jugé que le cautionnement consenti par un établissement de crédit pour garantir un prêt immobilier à des particuliers constitue un service financier fourni à l’emprunteur. L’action de Crédit Logement contre le consommateur relève donc de la prescription biennale de l’article L. 218-2 du Code de la consommation, et non du délai quinquennal de droit commun (Cass. 1re civ., 17 mars 2016, n° 15-12.494). Deux ans, cela passe vite.
Le point de départ du délai dépend du recours exercé. Pour le recours personnel (article 2308 du Code civil), la prescription court à compter de la date du paiement de Crédit Logement à la banque, pas de la date du premier incident de paiement. Pour le recours subrogatoire (article 2309), la question est plus débattue : certaines décisions retiennent la date du paiement, d’autres la date du premier incident non régularisé. Si l’action de la banque contre l’emprunteur était déjà prescrite au moment où Crédit Logement a payé, la subrogation ne peut pas ressusciter un droit éteint.
La prescription en pratique
Crédit Logement est généralement diligent dans ses poursuites. Mais avec un délai de deux ans seulement, les cas de prescription acquise sont plus fréquents qu’on ne le croit. Reconstituer la chronologie complète (date de la déchéance du terme, date du paiement par Crédit Logement, date de la mise en demeure, date de l’assignation) est un réflexe prioritaire. Une prescription acquise éteint purement et simplement l’action.
La mise en cause de la banque
Dans beaucoup de dossiers contre Crédit Logement, le vrai responsable est la banque. C’est elle qui a accordé un prêt disproportionné, qui n’a pas remis la FISE, qui a commis une erreur de TAEG, ou qui n’a pas mis en garde l’emprunteur sur le risque d’endettement excessif. Crédit Logement n’est que la caution qui a payé et qui exerce son recours.
L’emprunteur peut mettre en cause la banque dans la procédure initiée par Crédit Logement (appel en garantie ou intervention forcée). L’objectif est double : d’une part, faire constater les manquements de la banque (défaut de mise en garde, défaut d’information précontractuelle) ; d’autre part, obtenir la condamnation de la banque à indemniser l’emprunteur du préjudice causé par ces manquements, ce qui se compense avec la créance de Crédit Logement.
En pratique, quand la banque est condamnée pour défaut de mise en garde à des dommages-intérêts représentant une perte de chance de ne pas avoir contracté le prêt, l’indemnisation se déduit du montant réclamé par Crédit Logement. Si la FISE est absente et que la déchéance du droit aux intérêts est prononcée, le montant de la condamnation se réduit au seul capital restant dû.
Exemple chiffré
Cas pratique : assignation Crédit Logement, cumul de moyens de défense
Un couple a emprunté 250 000 EUR sur 25 ans au taux de 2,8 %. Après 3 ans, la banque prononce la déchéance du terme. Crédit Logement paie la banque et assigne les emprunteurs.
Montant réclamé par Crédit Logement :
Capital restant dû : 232 000 EUR Échéances impayées : 5 800 EUR Indemnité de déchéance du terme (7 %) : 16 240 EUR Intérêts de retard : 3 200 EUR TOTAL réclamé : 257 240 EURDéfense n° 1 : réduction de la clause pénale :
Le juge réduit l’indemnité de 7 % à 1 % : 16 240 → 2 320 EUR Économie : 13 920 EURDéfense n° 2 : absence de FISE, déchéance du droit aux intérêts :
Intérêts payés sur 3 ans : ≈ 20 300 EUR (imputés sur le capital) Capital restant dû recalculé : 250 000 − (36 × 1 174) = 250 000 − 42 264 = 207 736 EUR Réduction par rapport au montant réclamé : 232 000 − 207 736 = 24 264 EURDéfense n° 3 : défaut de mise en garde (perte de chance 40 %) :
Condamnation de la banque : 207 736 × 40 % = 83 094 EUR Compensation avec la créance de Crédit LogementRésultat après défense :
Montant initial réclamé : 257 240 EUR Après réduction clause pénale + déchéance intérêts + perte de chance : ≈ 207 736 − 83 094 + 2 320 + 3 200 = ≈ 130 162 EUR Réduction totale : ≈ 127 000 EUR (près de 50 %)Questions fréquentes
Peut-on contester une assignation de Crédit Logement ?
Oui. L’assignation n’est pas un jugement : c’est le début de la procédure. L’emprunteur a le droit de se défendre en soulevant des moyens de fond (disproportion du prêt, déchéance du droit aux intérêts, erreur de TAEG, défaut de mise en garde de la banque) et des moyens de procédure (prescription, irrégularité de la déchéance du terme). La défense suppose de constituer avocat et de faire analyser le dossier de crédit complet.
La disproportion du prêt est-elle opposable à Crédit Logement ?
Oui. La Cour de cassation a jugé que la disproportion manifeste est opposable à Crédit Logement, même quand il exerce son recours personnel (Cass. 1re civ. 26 septembre 2018, n° 17-17.903 ; Cass. ch. mixte 27 février 2015, n° 13-13.709). Si le prêt était manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine de l’emprunteur au moment de la souscription, Crédit Logement ne peut pas en réclamer le remboursement intégral. C’est le moyen de défense le plus puissant dans ce type de dossier.
Quel est le délai de prescription de l’action de Crédit Logement ?
L’action se prescrit par deux ans pour un emprunteur consommateur (article L. 218-2 du Code de la consommation ; Cass. 1re civ., 17 mars 2016, n° 15-12.494), et non par cinq ans comme on le croit souvent. Le point de départ est la date du paiement de Crédit Logement à la banque pour le recours personnel. Pour le recours subrogatoire, le point de départ est débattu. Dans tous les cas, reconstituer la chronologie complète (déchéance du terme, paiement, mise en demeure, assignation) est le premier réflexe.
Peut-on mettre en cause la banque dans la procédure Crédit Logement ?
Oui, et c’est souvent indispensable. L’emprunteur peut appeler la banque en garantie dans la procédure initiée par Crédit Logement. L’objectif est de faire constater les manquements de la banque (défaut de mise en garde, absence de FISE, erreur de TAEG) et d’obtenir sa condamnation à indemniser l’emprunteur. Les dommages-intérêts obtenus se compensent avec le montant dû à Crédit Logement.
Crédit Logement peut-il saisir mon bien immobilier ?
Oui, Crédit Logement peut saisir votre bien immobilier, même en l’absence d’hypothèque initiale. Après avoir obtenu un jugement de condamnation (titre exécutoire), il peut inscrire une hypothèque judiciaire sur le bien, puis engager une procédure de saisie immobilière. La plupart des contrats de prêt contiennent d’ailleurs une promesse d’affectation hypothécaire qu’il peut activer. En pratique, Crédit Logement peut aussi recourir à la saisie sur comptes bancaires ou sur salaire, plus rapides à mettre en place.
Assigné par Crédit Logement ?
J’analyse votre dossier de crédit, identifie les manquements de la banque et prépare votre défense pour réduire le montant de la condamnation.
Prendre rendez-vous
Inscrit au Barreau de Paris depuis 2003, Maître Pierre accompagne ses clients en droit bancaire et financier
(litiges, crédit, caution, recouvrement, responsabilité de la banque). Vous avez une question sur votre situation ?

Bonjour
J ai reçu une assignation de crédit logement pour non Paiement
As on un recours si on est de bonne fois et que l.on veut stopper la procédure
Le Crédit Logement n’est pas la banque : c’est l’organisme de caution qui a garanti votre prêt immobilier auprès de celle-ci.
Lorsqu’un emprunteur ne règle plus les échéances, le Crédit Logement paye la banque à votre place (en vertu de sa garantie), puis se retourne ensuite contre vous pour récupérer les sommes avancées.
C’est dans ce cadre qu’il vous a assigné en remboursement.
Si vous êtes de bonne foi et souhaitez régler ou négocier, il est tout à fait possible de stopper ou suspendre la procédure.
Le Crédit Logement agit légalement, mais vous avez un recours réel pour éviter des mesures d’exécution, à condition d’agir avant l’audience.